Croisière GNVR sur le Rhin du 18 au 23 octobre 2025

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La première soirée sur le bateau

Le deuxième jour. Rudesheim

Le petit train nous conduit à travers les ruelles pittoresques de Rüdesheim en direction du musée des instruments de musique mécanique de Siegfried, situé dans une belle bâtisse historique du XVe siècle, tout près de la Drosselgasse.
Ce ne sont pas moins de 350 instruments automatiques qui y sont réunis pour constituer l’une des plus grandes et des plus belles collections du XVIIIème au XXème siècle exposée dans un labyrinthe de pièces. Un régal pour les yeux moins pour les oreilles ; pas besoin de sonotones.
Grâce à ces instruments, trois siècles de savoir ont été sauvegardés. De la petite boîte à musique au titanesque orchestrions concert-piano, la collection renferme des instruments de la plus grande diversité. Nous avons également admiré des outils et des machines utilisés pour fabriquer les cylindres d’orgue, les cartons et les rouleaux de note.
Quoiqu’il en soit ce fut une belle expérience musicale, un régal de découvrir cette musique si particulière, les techniques d’antan et la façon dont fonctionnent ces instruments.
A deux pas du musée, nous sommes descendus dans la cave voutée du domaine Adolf Storzel pour déguster ses vins. La vallée du Rhin crée un climat unique propice à la viticulture. Rüdesheim am Rhein est un terroir d’exception pour les vins blancs et ce depuis les Romains.
Premier vin dégusté : le Riesling incontournable dans la région du Rheingau. Cépage emblématique, le riesling est un monument dans le vignoble. Reconnu pour son acidité vive, il reflète avec précision le climat et la richesse des sols du Rheingau. Vin équilibré entre fraicheur et minéralité, il est d’une grande élégance, et peut être aussi surprenant en sec qu’en moelleux.
Le pinot noir est la deuxième vedette de la région. C’est un rouge qui demande une attention méticuleuse tout au long du processus de vinification. Chaque étape est maitrisée avec soins. Il nait avec une robe rouge délicate avec des arômes de fruits rouges.
D’autres variétés comme le Müller Thurgau et le Graubrugender sont également élevées dans ce domaine. Ces cépages forment des cuvées harmonieuses et séduisantes. Elles permettent selon les années de fabriquer du vin de glace (Eiswein), mais de ces cépages nous n’avons pas dégusté car la rareté provoque la cherté.

Entre Rudesheim et Koblenz

Visite de Coblence le 20.10.2025 après-midi

Notre deuxième excursion fût consacrée à la visite de la ville allemande de Coblence (Koblenz). Située au confluent du Rhin et de la Moselle, elle fût détruite en 1944-1945 par les bombardements alliés puis reconstruite avec la volonté de préserver les traces restantes de son passé bimillénaire. Nous avons visité les « incontournables » de cette cité : l’église Notre-Dame, la vieille ville et la Jesuitenplatz, la colonne du Bimillénaire, la forteresse d’Ehrenbreitstern perchée sur une colline accessible par téléphérique, la basilique Saint-Castor, le Deutsches Eck le « Coin allemand » emblème de la ville où les deux fleuves se rencontrent et où domine une statue équestre monumentale de l’Empereur Guillaume 1er. Coblence nous a aussi amusé par sa fontaine de Schängel une statue de gamin qui crache de l’eau sur les passants inattentifs, par le visage du Chevalier de l’horloge de l’ancienne maison de commerce (l’Augenroller de l’Altes Kaufhaus) qui présente un nystagmus horizontal assurément pathologique et qui vous tire la langue chaque heure, par ses guirlandes de soutien-gorge (du Ruban Rose allemand équivalent de notre Octobre Rose) fortement teutoniques … évidemment ! Plus personnel, j’ai appris que Coblence était la ville de naissance du père d’une copine de prépa et de promo (A 82) un certain Giscard d’Estaing. A la fin de cette riche journée et après un très agréable parcours de running sur les berges de la Moselle avoisinant notre bateau, une évidence m’est apparue : j’étais devenu définitivement germanophile ! 

Entre Coblence et Mayence. La ville de Mayence et le musée Gutenberg

Activités sur le bateau le mercredi 22 octobre 2025

En ce mercredi 22 octobre nous vivons une belle matinée culturelle animée par l’Amicale des poètes au fil de l’eau en remontant le Rhin vers Rastatt. Le mythe de la LORELEY fut abordé dans toute sa grandeur. En 1802 une très belle jeune fille aux cheveux d’or au fort pouvoir d’envoutement, assise sur son rocher, souffre de la trahison de son amant. Elle fait échouer les marins sous son charme. Elle a inspiré de nombreux poètes, dont notre ami JP Denis qui lui consacre sa muse !  Le chant de la Loreley écrit par H Heine et mis en musique par Friedrich Silcher a rendu célèbre le rocher du Rhin. Quel beau poème « La LORELEY » de Guillaume Apollinaire ! Nous écouterons également la jolie chanson de Laurent Voulzy qui la chante.

 A propos du Rhin : Victor Hugo évoque la légende de la Tour des rats, que nous visualiserons sur les bords du fleuve : le méchant archevêque de Mayence, nommé Hatto qui fit brûler les pauvres gens affamés dans une grange, leur refusant du blé …Ces misérables expirant dans les flammes poussaient des cris et Hatto d’hurler : entendez-vous crier les rats ?, tragédie horrible.. Friedrich Von Schiller poète et dramaturge a été évoqué. Il écrivit en 1785 un poème « l’Ode à la joie » qui fût retenu partiellement par Beethoven en 1823 pour le chœur du quatrième et dernier mouvement de sa 9ème Symphonie. L’hymne européen a été adopté par le conseil de l’Europe en 1972, c’est un extrait sans paroles du prélude de cette magnifique partition. Von Schiller met en scène également la tragédie de Jeanne d’Arc à Leipzig. Il faut lire sa bibliographie qui est incommensurable. On pense à Marcel Brion érudit et poète spécialiste de l’Allemagne romantique. Il savait goûter les joies de la vie qu’il évoque avec bonheur dans ses ouvrages. Son esprit d’ouverture, d’ingéniosité, de curiosité sont remarquables.

La vallée du Rhin a inspiré de nombreux peintres :  Turner, venant de Coblence, remonte le Rhin, peu avant le château de Stolzenfels. Il réalise l’esquisse de sa célèbre aquarelle où le château se dresse sombrement contre le versant. Nicolas Poussin, Vincent van Gogh, Paul Cézanne ont également célébré la vallée du Rhin. Le collectif Colors Urban Art évoque la collaboration et l’amitié franco- allemande en magnifiant les barrages de Gambsheimet et de Iffezheim. L’amicale ne peut omettre l’opéra de Wagner, l’Or du Rhin, volé par un nain difforme, puis récupéré par un géant…prologue pour introduire les trois opéras suivants. Pendant que j’écoutais attentivement le club des poètes un fond musical sur un air de Madisson me distrait, des danseurs sur la piste du salon s’entrainent pour la soirée de gala.  A l’issue de cette matinée bien enrichissante nous passons à table après l’apéritif quotidien. Le programme de l’après-midi est annoncé pour les excursionnistes et les randonneurs. Ceux-ci emprunteront le sentier des cimes de la Forêt Noire. Ils  prendront de la hauteur sur une tour s’élevant à 40 mètres d’altitude, puis un pont suspendu à 60 mètres au-dessus du sol. Ils pourront admirer la canopée… Ma mission est de vous décrire la ville de Baden-Baden, pas facile tout en écoutant les explications du guide. Vole à mon secours Denis Bilger que je remercie. Il va vous faire découvrir avec beaucoup de précisions cette station thermale et de villégiature. Suivez le guide !   

Marc Verrièle

Entre Mayence et Radstat. Visite de Baden Baden

    Le mercredi 22.10.2025 : visite de BADEN-BADEN

“ Baden-Baden, élégance et bien-être au cœur de la Forêt-Noire
Après avoir quitté l’embarcadère des bateaux, notre après‑midi se poursuit à Baden‑Baden, cette charmante ville nichée au pied de la Forêt‑Noire. Le soleil joue avec les nuages et éclaire tour à tour les collines et les façades pastel : un décor parfait pour découvrir, le temps d’une promenade, cette cité réputée pour son art de vivre et son élégance.
Nichée aux portes de la Forêt‑Noire, Baden‑Baden est l’une des stations thermales les plus célèbres d’Europe. Dès l’arrivée, la ville séduit par son cadre verdoyant, ses façades soignées et son atmosphère à la fois paisible et mondaine. Ce lieu doit son nom à ses sources chaudes — « Baden » signifie « les bains » — qui jaillissent à plus de 60 °C et étaient déjà connues des Romains.
Au Ier siècle, la garnison romaine d’Aquae Aureliae y installa des thermes pour leurs vertus curatives. Les fouilles du Friedrichsbad en révèlent encore les vestiges. Après des siècles d’oubli, la redécouverte de ces eaux à la Renaissance relança la vocation thermale de la cité, mais c’est surtout au XIXᵉ siècle que Baden‑Baden devint la « capitale d’été de l’Europe ».
Les têtes couronnées, artistes et écrivains s’y pressaient : la reine Victoria, Dostoïevski, Tolstoï ou encore Brahms y séjournèrent. On raconte que Dostoïevski y perdit une fortune au casino, ce qui lui inspira son célèbre roman Le Joueur. Le casino, installé dans le splendide bâtiment du Kurhaus, reste aujourd’hui encore l’un des plus élégants du continent.
Flâner dans la Lichtentaler Allee, cette allée ombragée longeant l’Oos, fait partie des plaisirs simples mais raffinés de la ville. La promenade mène des parcs du centre au musée Frieder Burda, joyau d’architecture contemporaine abritant une collection d’art moderne remarquable.
Le vieux centre, autour de la collégiale et de la place du Marché, garde son charme médiéval, tandis que le Neues Schloss domine la vallée, témoin de la puissance des margraves de Bade. Tout autour, les collines couvertes de forêts rappellent que la nature n’est jamais loin, même dans cette ville si élégante.
Aujourd’hui encore, Baden‑Baden cultive son aura culturelle. Le Festspielhaus, grande scène lyrique européenne, accueille concerts et opéras dans la pure tradition musicale du siècle passé. Et bien sûr, la réputation de Baden‑Baden comme lieu de repos demeure : ses thermes — du Caracalla Therme au Friedrichsbad — offrent des bains où se mêlent marbres, coupoles et vapeur bienfaisante.
Sous la lumière changeante de l’après‑midi, Baden‑Baden invite à la lenteur, à la flânerie, à savourer le temps. Entre sources chaudes, architecture élégante et senteurs de sous‑bois, la ville offre une pause bienvenue après la croisière — un moment pour profiter ensemble, avec calme et curiosité, de ce que l’art de vivre allemand a de plus raffiné.”

                                                          Denis BILGER

La soirée de gala